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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 10:20

rodina-mat.jpgUn nouveau cap vient d’être franchi dans le conflit russo-ukrainien après l’élection du nouveau président Petro Porochenko. En effet, malgré les élections qui se sont bien déroulées en Ukraine et que l’élection du nouveau pouvoir vient d’être reconnue par le monde entier y compris par la Russie (elle a dépêché son ambassadeur lors de l’intronisation du nouveau président). Or, le 19 juin des troupes russes sont entrées dans les régions de l’Est de l’Ukraine.


Le président ukrainien a décrété une trêve d’une semaine à partir de vendredi 20 juin, elle doit durer une semaine, elle permet entre autre, une amnistie générale pour les «pro-russes » qui n’ont pas de sang sur les mains de pouvoir regagner à la vie civile, cela doit permettre pour la grande majorité d’entre eux de rentrer en Russie…


Quel a été la réponse des « pro-russes » depuis ce vendredi ?... ce fut un redoublement des attaques contre  l’armée  ukrainienne puis un ultimatum de Poutine demandant au pouvoir ukrainien de faire partir l’armée ukrainienne du Donbass. Ce dimanche après une conversation téléphonique  avec Angela Merkel et François Hollande, Vladimir Poutine approuve le plan de paix du président ukrainien Petro Porochenko, changement de ton… Moscou souffle «  le chaud après le froid »...


Ce dimanche 22 juin à Paris une manifestation de solidarité a eu lieu pour l’Ukraine dont le mot d’ordre est la paix. Un petit peu plus tôt dans un autre endroit de Paris, une autre manifestation s’est déroulée sous le même slogan, mais cette fois organisée par les fidèles à Poutine, là-bas des personnes qui avaient des pancartes dénonçant l’agression du Kremlin contre l’Ukraine furent refoulées sans ménagement de cette manifestation. Là aussi le chaud et le froid, d’un côté un appel « pour tous ceux qui veulent la paix en Ukraine » et, d’un autre côté, expulsion de toutes les personnes qui ne sont pas d’accord avec Poutine.


A travers ces deux exemples, on constate, l’un dans le Donbass et l’autre en région parisienne…un double langage de Moscou! ! !


Des pourparlers ont commencé ce lundi en Ukraine sous la présidence de l’OSCE entre le pouvoir ukrainien et les pro-russes, une accalmie s’est faite sur le terrain brièvement… Seul le dialogue sous auspice d’une organisation comme  l’OSCE pourra débloquer la situation… en espérant que LA PAIX revienne enfin dans cette région.

Par  Bogdan   MYTROWYTCH

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 17:24

http://images.unian.net/photos/2014_03/1395075471-1011.jpgLe 18 mai de cette année ce fut la commémoration de la déportation des tatars de Crimée en 1944. Officiellement c’est 180 014 personnes, en fait beaucoup plus, d’après les données des tatars, il y en a eu 423 000 personnes dont la majorité était des femmes, des enfants et des vieillards. Ces déportations se sont faites vers les républiques de l’Asie centrale, surtout vers l’Ouzbékistan. Il y a eu 7889 décès pendant le voyage, source officiel… d’après le mouvement de libération tatar, on avance le chiffre de 195 000 personnes en incluant les six premiers mois « de séjour ».

 

Cette année après l’invasion russe et le soit disant referendum, la Crimée se retrouve isolée du monde. Les tatars n’ont tout simplement pas pu commémorer cette date à Simféropol, qui marqua cette tragédie. Quelques milliers ont pu le faire aux portes de Simféropol malgré le bruit des hélicoptères russes qui passaient en rase motte pour gêner la commémoration.

 

Le lundi 2 juin à l’Institut des langues orientales à Paris (l’INALCO) s’est tenu un colloque sur les tatars de Crimée. Très bonne initiative car malheureusement le peuple des tartares passe progressivement « aux oubliettes de l’information ». Un des leaders des tatares de Crimée, Refat Tchoubarov, qui est le président du Mejlis (le parlement tartare) a fait un exposé fort brillant. Il a demandé aux gouvernements français et européens de ne pas laisser tomber les tatares de Crimée, qui sont en ce moment 300 000 sur la péninsule, soit 14% de la population sur une population comptant un peu plus de 2 millions d’habitants (58% sont des russes et 25% d’ukrainiens).

 

Les habitants de Crimée connaissent en ce moment des moments difficiles, le rouble est devenu monnaie usitée depuis le début de juin, il parait que déjà 9000 personnes sont déjà parti vers l’Ukraine occidentale depuis l’agression russe, en majorité se sont des ukrainiens. Tout est bloqué au niveau de la société, les banques ukrainiennes sont parties, les ONG et les journalistes ont été mis au pas, de même que les religions. Le prêtre gréco-catholique de Simféropol a été expulsé, les églises orthodoxes sous l’autorité du patriarche de Kiev ont été fermées et les imams qui ne sont pas d’accord avec les nouvelles autorités sont traités d’extrémistes. Seul l’église orthodoxe sous l’autorité du patriarche de Moscou est épargnée…ce n’est pas un hasard ! ! !

 

_----------1965.jpg

D’après Refat Tchoubarov, on est revenu à situation de 1987, date à laquelle les tatares de Crimée ont pu commencer à revenir en masse vers la Crimée, sans d’ailleurs demander la permission des autorités qui ne voulaient pas qu’ils reviennent…suite aux recommandations de la commission de la Douma, présidé par un certain Andrei Gromyko… et là ils ont eu à faire aux colons qui étaient venus habiter à leur place. Tel est la situation aujourd’hui…. On a le sentiment que cette situation va perdurer, après ce pseudo-référendum… à titre de comparaison j’aimerai vous faire partager ma propre expérience de mon séjour en Crimée, que j’ai eu lors des élections législatives de 1997 en Ukraine.

 

Je fus envoyé comme observateur international du Congrès Mondial des Ukrainiens avec beaucoup d’autres personnes dans toute l’Ukraine. Ce fut Sébastopol pour moi, c’était le 30 septembre 2007, j’étais en compagnie des collègues dont la plupart étaient des Etats-Unis. Pendant le jour de vote on a visité plusieurs bureaux de vote, après 20 h on a assisté au décompte des voix. Le bureau clos au public, un milicien devant la porte, la commission électoral qui commence le dépouillement des bulletins de vote (qui sont des grandes paperasses pliantes), l’opération a duré une bonne partie de la nuit et se termina vers quatre heures du matin.

 

Il faut signaler que lors du vote, tout comme lors du dépouillement on avait droit de prendre les photos, de signaler au chef du bureau si des anormalités étaient constituées, les observateurs pouvaient prendre la parole après l’avoir demandé au chef du bureau. En tout cas ils ne pouvaient pas le faire directement. On portait sur notre veste un badge qui voulait dire que l’on est observateur. Lors du décompte de voix la langue la plus usitée était le russe et…l’ukrainien. Tout s’est passé tranquillement et à la fin j’ai eu le procès-verbal de la séance. Le jour suivant, je suis parti sur les ruines grecques du Chersonèse qui bordait la plage, puis j’ai nagé avec d’autres collègues dans la mer le 1er octobre, l’eau était fraiche et peu salée, bref j’ai un bon souvenir de ce séjour en Crimée. Ah j’oubliais… lorsque je me levais, je voyais de ma fenêtre deux mosquées, et entre les deux une cathédrale orthodoxe, vers midi j’entendais les prières des imams en haut des mosquées. La Crimée même s’il y avait des problèmes, les rapports entre les diverses communautés n’étaient pas aussi tendu qu’aujourd’hui, et malgré les gigantesques monuments staliniens dédiés aux soldats de la seconde guerre mondiale qui ornent Sébastopol, je me sentais à l’aise, à l’époque, je ne parlais pas encore le russe, et lorsque je parlais en ukrainien, je n’ai pas ressenti d’animosité à mon égard.

 

Aujourd’hui en 2014, les rapports entre les gens se sont dégradés, la communication s’est amenuisée. Selon Refat Tchoubarov, les nouvelles autorités pro-russes veulent faire partir les tatares de Crimée  en leur rendant la vie impossible dans la péninsule… Le seul moyen de se sortir de cette situation, c’est un combat sans relâche des tatars pour leurs droits, un changement de régime en Russie, qui évoluera démocratiquement. Les Etats-Unis et l’Union Européenne doivent être une force d’appoint pour soutenir le combat des tatars…et l’Ukraine ?

 

Il est important que l’Ukraine se fasse le porte-parole des tatares de Crimée … faire entendre leur voix, je veux parler des assemblées tel que l’ONU, l’OSCE ou le Conseil de l’Europe.

 

Le voyage de Refat Bouratov ici en France ne doit pas rester vain, à nous tous de faire en sorte que la justice soit faite au peuple.

 

Vive les tatars de Crimée ! ! !

 

Par Bogdan MYTROWYTCH

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 23:18

En son temps  le dissident ukrainien Viatcheslav Tchornovil disait qu’il était pour une fédéralisation de l’Ukraine. Aujourd’hui de personnalités politiques actuelles dont Ioulia Timochenko sont pour une décentralisation. A première vu rien de plus normal, la plupart des états démocratiques de l’Europe  ont opté pour ce système. On peut citer l’Allemagne, la Suisse, la Belgique. Des pays comme l’Espagne ou la Grande Bretagne ont des structures largement décentralisées.

A première vue, le referendum sur le droit à l’autodétermination semble sympathique. Des peuples comme les  Ecossais, les Catalans, les Kurdes méritent d’avoir un Etat, je ne peux pas les énumérer tous, c’est un processus tout à fait normal. On vit une ère ou se forment de grand ensembles et en même temps l’affirmation identitaire de chaque peuple. Etant moi-même issu d’un peuple opprimé pendant des siècles, je ne peux que comprendre la lutte légitime de ces peuples sans Etats pour leur droit à l’autodétermination. Par contre, ce qui se passe en Ukraine Orientale est un faux problème, ce référendum est une farce instrumentalisée par le pouvoir russe. En Ukraine cela constitue un pas vers son démembrement, d’après  Piotr  Smolar spécialiste de l’Ukraine au journal le Monde, la fédéralisation au sens russe du terme cela va être une autonomie, qui pourrait contredire  la politique étrangères et de défense du pays. Il donne un exemple concret : l’adhésion à  l’OTAN de l’Ukraine, si la région de Donetsk  n’est pas d’accord, elle fait sécession du le reste de l’Ukraine avec la menace à la clé de se réunir à la Russie. Signalons que pour un référendum qui se veut respectable, il existe une institution tel que l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité européenne, qui  est réponse idéale pour ce genre de question, pourquoi les organisateurs du pseudo-référendum n’ont pas invités les observateurs OSCE ?


J’ai assisté au colloque sur l’Ukraine organisé par Science-Po organisé sur la situation actuelle en  Ukraine, il y avait Dominique Arel de l’université d’Ottawa, d’après ses informations officieuses, seul 30% de personnes auraient participé dans le Donbass à ce pseudo-scrutin. Il faut voir les photos des « bureaux de vote » avec des  gardes armés et cagoulés…vraiment caricatural  ! ! !


Selon ce professeur du Canada, il  y a 75% de personnes qui sont pour une Ukraine unie, ce qui ne signifie pas qu’ils soutiennent le régime ukrainien actuel. Ils sont russophones, ils voudraient que le russe puisse être comme  l’ukrainien, langue officielle dans la région, mais cela ne les empêche pas de se sentir ukrainiens. La manifestation pro-ukrainienne de Donetsk à laquelle des milliers de personnes participaient, a été attaquée violement par les pro-russes armés des battes de baseball, la police locale n’a pas fait correctement son travail, des personnes ont été blessées, des coups de feu furent tirés… cela montre l’atmosphère de ce pseudo-référendum.


Le fédéralisme est une notion que je trouve dépassée pour l’Union Européenne, même si elle permettrait aux états démocratiques de résoudre différents problèmes tel que la fiscalité, l’économie et le social, la politique de l’écosystème. Le danger c’est de voir la bureaucratie bruxelloise dicter la politiques à tous les états de l’Union Européenne, on en voit déjà certains prémices…il faudrait pour contrer ce gendre de danger une Europe des peuples -  mais comment faire ?


L’Ukraine se trouve dans une région du continent européen ou « trois systèmes fédéraux » ont échoués : il s’agit de l’URSS, de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie. Des pays comme l’Ukraine, la Géorgie, la Lituanie ou la Pologne, ainsi que des pays d’Europe centrale ont des mauvais souvenirs par rapport au trois exemples cités dessus. Ces états ont besoin de s’affirmer. La solution idéale serait une décentralisation qui permettrait d’avoir aux régions d’Ukraine leur personnalité et en même temps un état unitaire. Cela est vrai aussi dans le cadre européen, chaque pays peut s’affirmer, en étant dans l’Union Européenne et cela peut-être vrai pour la Catalogne comme pour l’Ecosse si jamais elles deviennent des états.


Une Ukraine unitaire avec des régions décentralisées,  voilà l’avenir d’Ukraine de même, et cela va de pair avec une Europe des peuples, ou chaque peuple aurait son mot à dire… tel est le défi de ce siècle ! ! !
Par Bogdan  MYTROWYTCH

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 23:44

Je ne sais pas si vous avez rêvé, pourtant ce n’est pas un rêve, le projet d’annexion de l’Ukraine orientale connait quelques problèmes.


On sait que Poutine fait jamais rien au hasard, et si lors de la visite du président de l’OSCE, il a fait cette déclaration en promettant de retirer les troupes de la  frontière russo-ukrainienne (45 000 personnes)  et en plus dire que les élections sont un pas dans la bonne direction ... n’est-ce pas étonnant quand même ?


Apparemment si… et  c’est  une bonne nouvelle d’entendre cela, maintenant connaissant le président  russe actuel il faut toujours s’en méfier. Il est vrai que le président russe ne comprend que la force.


Ceux qui organisent ce referendum, disent qu’ils ne tiendront pas compte de l’avis du président. Tout est prêt au niveau logistique et technique pour qu’il se déroule dans les bonnes conditions disent les pro-russes.

Quelles explications réelles, outre celle officiel, qui présente Vladimir Poutine en homme de paix ?

A en croire pour le moment différends spécialistes, il y en n’a pas…Moi, j’en ai une…


Je pense que c’est la situation catastrophique au niveau économiqueen Russie qui a provoqué la réaction de Poutine. Les entreprises sont en ce moment dans un état lamentable, beaucoup d’entre elles n’ont pas payées leurs salariés depuis plusieurs mois. Cela se ressent dans tout le pays, suite aux Jeux Olympiques de Sotchi et la guerre de Crimée beaucoup de personnes sont mécontentes des dépenses énormes faites à cette occasion, alors que souvent des gens sont obligés de travailler, et faire un deuxième travail au noir pour pouvoir tenir le coup. Deux poids et deux mesures ! ! !


De même, la Crimée même si en Russie cela a soulevé un certain enthousiasme, force  de reconnaître qu’au niveau international ce fut l’inverse, la Russie est plus que jamais isolée diplomatiquement, et là aussi les conséquences financières commencent à se faire ressentir.


Aussi, en bon tacticien qu’il est, Vladimir Poutine a compris, que la voie « Criméenne » est une impasse en Ukraine Orientale car tout simplement la majorité des locaux ne veulent pas s’unir à la Russie.


Il y a des fortes chances de voir Vladimir Poutine de se mêler des élections ukrainiennes, qui se dérouleront le 25 Mai, et malgré les résultats du pseudo-referendum de l’Ukraine de l’Est, Poutine n’en tiendra plus compte.
Par Bogdan  MYTROWYTCH

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